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querelles, et s'embrassèrent plusieurs fois, faisan» à Ia courtisane la meilleure pippée du monde.
Le vendredi 14 de février, sur les sept heures du soir, M. le duc s'en étant allé à l'abbaye de Sainte-Geneviève , et faisant semblant de venir faire collation avec l'abbé (0, s'en va en certain endroit de ladite abbaye à ce destiné, et pardessus les murailles de la ville se fait descendre par une corde dans le fossé, comme firent semblablement Bussy, Chanvallon (-), Hergny, ct autres de ses favoris; et sur chevaux prêts, se retirèrent à Angers en diligence.
s le lendemain, la Reine partit pour aller trouver son fils et Fappaiser; et laisserent le Roy et elle partir de Paris tous ses officiers et tout son bagage, pour ne le pas fâcher.
Sur la fin de ce mois, Rochepot (3) vint trouver le Roy de la part de Monsieur, qui lui écrivit une lettre fort honnête, par laquelle il i'assuroit que sa retraite ne tendoit à aucune entreprise contre lui et son Etat.
Le samedy premier jour de mars, le nonce vint donner avis au Roy que le Pape avoit fait trois cardi­naux françois, sçavoir Charles, fils du duc de Lor­raine , appellé le cardinal de Lorraine ; Louis, arche­vêque de Reims, appellé le cardinal de Guise ; et René de Birague, chancelier.
(0 Avec t abbé : Joseph Foulon, alors abbé de Sainte-Geneviève, laissa passer quelques heures, afin que le duc d'Anjou eût le temps de gagner de l'avance ; puis il alla au Louvre avertir le Roi que le duc d'Anjou s'étoit sauvé par son abbaye, mais qu'il n'en avoit pu donner plus tot avis, parce qu'on l'avoit lié tandis que le prince a'éva-doit. —0) Chanvallon : Jacques de Harlay, seigneur de Chanvallon. — (3) Rochepot : Il étoit fils de Louis de Silly, seigneur de La Roche­guyon , et d'Anne de Laval, dame d'Aquigny et de La Rochepot, dont «1 porta le nom.
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